Alors que le salon du Serious Game, le Serious Game Expo, se déroule en ce moment même à la Cité Centre des Congrès – Cité Internationale de Lyon, revenons sur cette nouvelle forme de jeux vidéo et sur les nouveaux usages qui en découlent… avec les « Serious Game », les jeux vidéo seraient-ils en passe d’être reconnu d’utilité publique ?

Serious Game Expo

Le serious game, un jeu porteur d’un « message sérieux »

Définis par Julian Alvarez et Damien Djaouti comme des « jeu[x] à intention utilitaire, [ayant] pour vocation d’apprendre, d’informer, d’expérimenter, de s’entraîner tout en jouant »1, les  Serious Game sont aujourd’hui de plus en plus présents sur le marché, comme en témoigne leur chiffre d’affaires mondial qui avoisine les 10 milliards d’euros selon Le Nouvel Observateur2.

Si ces « jeu[x] à intention utilitaire » suscitent un tel engouement, c’est parce qu’ils sont un moyen efficace de sensibiliser le public à des messages sérieux. En effet, alors que parler de drogue, de peine de mort, d’alcoolisme, de maltraitance en évitant les écueils d’une sensiblerie larmoyante semble difficile, pour ne pas dire impossible, le Serious Game, par son caractère ludique et grâce à la mobilisation qu’il implique de la part du joueur, apparaît comme le meilleur moyen de  sensibiliser ce dernier de manière interactive aux différents problèmes de nos sociétés.

Ainsi, comme l’explique Thanassis Triantafillou créateur du jeu Amnesty the Game, réalisé par Amnesty International dans le but de mobiliser les individus contre la peine de mort, avec le Serious Game, le « joueur s’implique en s’identifiant au héros du jeu » ; le message n’est donc plus reçu passivement, mais « l’utilisateur impliqué [devient] actif dans l’obtention de l’information », et par conséquent plus enclin à apprendre, à s’informer, à agir au delà même du cadre du jeu3.

Le serious game, une pratique qui se diversifie

Au delà de cet usage idéologique, la pratique des Serious Game tend à se diversifier de plus en plus comme en témoigne notamment l’existence de jeux axés sur l’emploi. Si leur ambition ne ressemble en rien à celle des Serious Game précédemment cités, ces jeux ont pour vocation de faciliter formations et recrutements au sein des entreprises en proposant une pédagogie ayant un ressort ludique.

Cependant, s’il est vrai que ces pratiques existent, elles restent encore relativement timides, en raison notamment de leur coût non négligeable…  ainsi, pour l’heure, nulle question de remplacer l’e-learning ou le contact humain, ces jeux demeurent un simple outil de complément !

1 Julian Alvarez et Damien Djaouti, Introduction au Serious Game, p.10
2 Boris Manenti, « A la découverte des jeux vidéo sérieux », in Le Nouvel Observateur
3 Ibid.

Mots-clés : Amnesty the game, Damien Djaouti, jeu sérieux, jeu vidéo, Julian Alvaerz, Seriou Game, Thanassis Triantafillou.